Dans le cas des contrats de travail, la rémunération est due à l’employé simplement pour « rester à la disposition de l’employeur ». Peu importe donc que l’employé effectue ou non un travail pendant cette période. La situation est différente dans le cas des contrats B2B. Dans les contrats B2B, la règle veut que la rémunération ne soit versée que lorsque les tâches sont effectivement exécutées. Est-ce toujours le cas ? Existe-t-il des mécanismes garantissant la rémunération même si aucune commande n’est exécutée pendant un certain temps et que le contrat B2B reste en vigueur ?
Méthodes de rémunération dans un contrat B2B – taux horaire, taux journalier ou peut-être un montant forfaitaire ?
Dans les contrats B2B, les parties disposent d’une grande liberté pour déterminer le mode de paiement des tâches exécutées dans le cadre du contrat. Elles peuvent convenir, par exemple, de :
- un tarif horaire/journalier – auquel cas le montant final de la rémunération pour un mois donné sera le produit du nombre d’heures/jours travaillés et du tarif horaire/journalier spécifié dans le contrat ;
- un forfait – c’est-à-dire un montant fixe dû au prestataire pour un mois donné ou un projet donné couvert par le contrat ;
- un pourcentage calculé sur la base spécifiée dans le contrat – par exemple, un pourcentage du chiffre d’affaires mensuel ou du bénéfice généré pour le client par le contractant ;
ou utiliser une méthode combinée, c’est-à-dire combiner deux ou plusieurs de ces méthodes en même temps (par exemple, forfait + pourcentage).
Il arrive également que le modèle de règlement choisi contienne des dispositions supplémentaires, par exemple :
- Dans le modèle de facturation horaire/journalière, vous pouvez, par exemple, garantir au prestataire un nombre minimum d’heures/jours de travail chaque mois. Vous pouvez également fixer différents tarifs horaires/journaliers en fonction du nombre d’heures/jours travaillés au cours d’un mois donné (par exemple, en réduisant le tarif unitaire après avoir dépassé un certain seuil d’heures/jours travaillés au cours d’un mois donné, sur la base d’un « effet d’échelle ») ;
- Dans le modèle forfaitaire, le prestataire peut se voir garantir un nombre spécifique de jours de « pause rémunérée dans l’exécution des services » (similaire aux vacances) ou un nombre spécifique de jours de « congé maladie » rémunérés.
Rémunération dans un contrat B2B – est-elle due pour le temps passé en attente ?
Un problème peut survenir dans le cadre d’un contrat B2B lorsque le client n’a aucune tâche ou aucun projet à confier au prestataire à un moment donné, mais que le contrat B2B avec le prestataire reste en vigueur. Les parties restent donc liées par le contrat B2B, mais en réalité, aucune tâche n’est effectuée par le prestataire (fournisseur de services).
Ce problème ne se pose en principe que dans le cas d’un contrat B2B réglé sur la base d’un montant forfaitaire mensuel fixe, sans spécification d’un nombre minimum d’heures donnant droit au prestataire à une rémunération. Dans une telle situation, que le prestataire effectue ou non des tâches à un moment donné, il a droit à une rémunération d’un montant fixe.
Cependant, le problème susmentionné se pose dans le cas des contrats B2B avec facturation horaire/journalière. Dans ce cas, si les dispositions garantissant au prestataire, par exemple, une « rémunération de réserve » (bench salary) – c’est-à-dire une sorte de rémunération « d’attente » pour les périodes pendant lesquelles aucune commande n’est exécutée – ne sont pas correctement prises en compte lors de la rédaction du contrat, la rémunération pour les périodes pendant lesquelles aucune tâche n’est exécutée dans le cadre du contrat B2B ne sera pas due. Il n’existe aucune disposition garantissant au prestataire une rémunération « pour sa disponibilité » à fournir des services dans le cadre d’un contrat B2B. Pour bénéficier d’une telle rémunération, celle-ci doit être clairement prévue dans le contrat.
Dans la pratique, les dispositions relatives à la « rémunération forfaitaire » (rémunération pendant les périodes d’inactivité) figurent souvent dans les contrats B2B conclus dans le secteur informatique. Les entreprises qui embauchent des programmeurs ou des développeurs dans le cadre de contrats B2B accordent une telle importance à leurs compétences qu’elles leur garantissent un certain seuil salarial (par exemple, la moitié du taux horaire/journalier) même s’il n’y a pas de commandes à un moment donné. L’objectif est simple : conserver un employé précieux « à bord » malgré un manque temporaire de projets à lui confier.
Par conséquent, dans le cas de contrats B2B avec facturation horaire ou journalière, il est très important de formuler correctement les dispositions du contrat en cas de diminution temporaire du nombre de tâches (heures contractuelles) ou de leur expiration complète pendant une certaine période. En l’absence de telles dispositions contractuelles, le contractant ne disposera d’aucun outil juridique réel pour réclamer une telle rémunération pour le « temps d’arrêt ».